gotdit

La génération Z, née entre 1997 et 2012, se distingue par une approche différente des tâches manuelles. Contrairement à leurs parents et grands-parents, ces jeunes adultes évitent le bricolage. Plutôt que de monter un meuble, réparer une fuite ou changer une ampoule, ils préfèrent confier ces tâches à des professionnels. Ce comportement, connu sous l’acronyme GOTDIT (Get Others To Do It), illustre leur tendance à déléguer.

Mais pourquoi cette génération hésite-t-elle à mettre la main à la pâte ? Plusieurs raisons expliquent cette évolution. L’essor du numérique, le manque de transmission des savoir-faire et la facilité d’accès aux services professionnels jouent un rôle clé. Pourtant, cette dépendance a des conséquences sur leur autonomie et leur budget.

Dans cet article, nous allons explorer les causes du phénomène GOTDIT, ses effets et les solutions pour encourager la génération Z à renouer avec le bricolage.

La génération Z et la peur du bricolage

Les chiffres montrent une réelle appréhension face aux tâches manuelles. 20 % des jeunes jugent trop risqué de monter sur une échelle pour changer une ampoule. Un quart d’entre eux ont peur de se brûler en manipulant une ampoule chaude. 30 % ne savent pas différencier un tournevis à tête plate d’un tournevis cruciforme.

Cette anxiété dépasse l’électricité. 44 % des jeunes adultes font appel à un professionnel pour gonfler leurs pneus ou remplacer leurs essuie-glaces. Même des tâches simples comme accrocher un cadre posent problème : 11 % demandent de l’aide au lieu de le faire seuls.

Pourquoi ces tâches banales semblent-elles si intimidantes ? Plusieurs facteurs expliquent cette tendance.

1. Un manque de transmission familiale

Autrefois, les compétences pratiques se transmettaient au sein des familles. Les parents montraient à leurs enfants comment utiliser des outils ou entretenir leur maison. Aujourd’hui, cette transmission s’est affaiblie. Beaucoup de jeunes adultes n’ont jamais appris ces gestes essentiels.

2. Une éducation trop théorique

Les écoles mettent l’accent sur les matières académiques et numériques. Le bricolage, la menuiserie et l’entretien domestique sont souvent absents du programme scolaire. Sans apprentissage formel, ces compétences deviennent étrangères aux jeunes générations.

3. La facilité d’accès aux services professionnels

Les plateformes comme TaskRabbit ou Frizbiz rendent la délégation simple et rapide. En quelques clics, il est possible de réserver un professionnel pour monter un meuble, installer une étagère ou réparer un robinet. Cette accessibilité réduit la motivation à apprendre.

4. L’influence des réseaux sociaux

Les tutoriels sur Instagram et TikTok montrent des résultats parfaits. Face à cette mise en scène, beaucoup de jeunes hésitent à essayer par peur de l’échec. Plutôt que de risquer un résultat imparfait, ils préfèrent déléguer.

Les conséquences du GOTDIT sur l’autonomie

Déléguer certaines tâches semble pratique, mais cette habitude a des effets négatifs sur l’indépendance et la confiance en soi.

1. Une perte d’autonomie

Dépendre des autres pour des tâches simples signifie une plus grande vulnérabilité face aux imprévus. Une fuite d’eau, un pneu crevé ou un meuble à monter deviennent des problèmes majeurs. À long terme, cette dépendance complique la gestion du quotidien.

2. Une moindre confiance en soi

Réaliser une tâche soi-même procure un sentiment d’accomplissement. À l’inverse, éviter ces expériences renforce un sentiment d’incompétence. Se convaincre qu’on ne sait pas faire empêche d’essayer, ce qui limite le développement personnel.

3. Un impact financier important

Faire appel à des professionnels pour des tâches basiques représente un coût non négligeable. Monter un meuble ou réparer une prise électrique peut être gratuit si on le fait soi-même. En revanche, déléguer systématiquement alourdit les dépenses.

Le numérique et la culture de la perfection

L’essor du numérique a profondément transformé les habitudes des jeunes générations.

1. Une préférence pour le digital

Les jeunes adultes passent beaucoup de temps sur leurs écrans. Réseaux sociaux, jeux vidéo et divertissements en ligne occupent une place centrale dans leur quotidien. Par conséquent, les activités pratiques passent souvent au second plan.

2. Une culture de la perfection paralysante

Les réseaux sociaux montrent des vidéos de bricolage où tout semble facile. Mais ces contenus cachent souvent les erreurs et les essais ratés. Cette mise en scène crée une pression inutile. Beaucoup préfèrent ne pas essayer plutôt que de risquer un échec visible.

Comment encourager la génération Z à bricoler ?

Face à cette tendance, il existe des solutions pour reconnecter les jeunes aux compétences pratiques.

1. Réintroduire le bricolage à l’école

Les programmes scolaires devraient intégrer des cours pratiques. Apprendre à utiliser des outils, à réparer une fuite ou à réaliser des travaux simples offrirait une base essentielle aux jeunes.

2. Encourager l’apprentissage en famille

Les parents peuvent jouer un rôle clé. Impliquer les enfants dans des tâches domestiques dès le plus jeune âge facilite l’apprentissage. Peindre un mur, monter un meuble ou réparer un objet ensemble permet d’acquérir des compétences utiles.

3. Valoriser l’expérimentation et l’erreur

L’apprentissage passe par l’essai et l’erreur. Personne ne réussit parfaitement du premier coup. En expliquant que chaque tentative est une progression, il devient plus facile de se lancer.

4. Promouvoir les ateliers collaboratifs

Les FabLabs et les ateliers de bricolage permettent d’apprendre dans un cadre collectif et bienveillant. Ces espaces offrent une approche ludique et pratique pour acquérir des compétences sans pression.

Conclusion : Vers un retour aux compétences pratiques

Le phénomène GOTDIT reflète un changement de mentalité chez la génération Z. Si la délégation des tâches offre un certain confort, une dépendance totale aux services extérieurs pose problème. Moins d’autonomie, plus de dépenses et une perte de confiance en soi sont des effets négatifs à long terme.

Pour inverser cette tendance du GOTDIT, il faut encourager les jeunes à oser, tester et apprendre sans crainte de l’échec. Grâce à l’éducation, à l’implication familiale et aux initiatives collaboratives, la génération Z peut retrouver le goût du bricolage.

Après tout, savoir changer une ampoule ou monter une étagère n’est pas seulement un atout pratique. C’est aussi un moyen de renforcer son indépendance et de relever les défis du quotidien avec assurance.