géoglyphes de Nazca

Les géoglyphes de Nazca, situés dans le désert aride de la région de Nazca au Pérou, captivent les scientifiques, les historiens et les voyageurs depuis leur redécouverte au début du 20ᵉ siècle. Tracées directement sur le sol, ces figures mystérieuses suscitent d’intenses débats sur leur origine, leur signification et les techniques employées pour les créer.

Pour mieux comprendre ces énigmes, je m’appuie sur des ouvrages référents tels que The Nazca Lines: A New Perspective on Their Meaning and Function d’Anthony Aveni et Lines in the Sand: Unraveling the Nazca Mysteries de Helaine Silverman.

Les géoglyphes de Nazca : entre découverte et fascination

Ces figures impressionnantes, constituées de lignes droites, de formes géométriques et de représentations animales, couvrent environ 450 km². Pour les réaliser, les Nazcas ont retiré les pierres sombres en surface afin d’exposer le sol clair en dessous. Ce procédé simple mais efficace a assuré leur conservation exceptionnelle dans cette région au climat extrême.

Selon Helaine Silverman (Lines in the Sand), les premiers signalements de ces lignes remontent à l’époque coloniale. Cependant, leur étude scientifique ne débute réellement qu’au 20ᵉ siècle, notamment avec l’archéologue Paul Kosok. Fasciné par ces tracés, il les décrit comme « le plus grand livre d’astronomie du monde », influençant ainsi les recherches ultérieures.

Les différents types de géoglyphes

Maria Reiche, mathématicienne et pionnière dans l’étude des géoglyphes, classe ces dessins en 3 grandes catégories :

  • Les lignes droites et formes géométriques : Des centaines de lignes s’étendent sur plusieurs kilomètres, formant des figures complexes comme des triangles, des spirales et des trapèzes.
  • Les figures zoomorphes : Parmi les plus emblématiques, on retrouve le colibri, l’araignée, le singe et le condor, tous réalisés avec une précision remarquable.
  • Les figures anthropomorphes et énigmatiques : Certaines, comme l' »astronaute », intriguent particulièrement en raison de leur apparence inhabituelle.

Les recherches d’Anthony Aveni (The Nazca Lines) suggèrent que ces catégories répondent à des fonctions et des significations variées.

Les hypothèses sur leur fonction

Les chercheurs explorent plusieurs pistes pour expliquer l’utilité de ces géoglyphes :

Un calendrier astronomique ?

Paul Kosok propose que certaines lignes s’alignent avec des phénomènes astronomiques, comme les solstices et les équinoxes. Maria Reiche renforce cette idée dans Mystery on the Desert, affirmant que les Nazcas auraient utilisé ces tracés pour planifier leurs activités agricoles.

Un rôle rituel et religieux

D’après Helaine Silverman, les Nazcas auraient créé ces lignes dans le cadre de rituels liés aux divinités de l’eau et de la fertilité. La présence d’offrandes, comme des poteries brisées retrouvées près des tracés, soutient cette théorie.

Des chemins processionnels

Johan Reinhard (The Nasca Lines: A Sacred Landscape) avance l’idée que les Nazcas utilisaient ces lignes pour des processions religieuses. Selon lui, les formes géométriques et animales représenteraient des symboles sacrés honorés au cours de ces cérémonies.

Une démarche sociale et territoriale

Anthony Aveni émet une hypothèse alternative : les géoglyphes pourraient délimiter des territoires ou renforcer l’identité collective des Nazcas. Cette idée se fonde sur les différences stylistiques observées entre certains dessins.

Comment les Nazcas ont-ils réalisé ces tracés impressionnants ?

Les géoglyphes se distinguent par leur précision et leur échelle monumentale. Sans technologie moderne ni vue aérienne, comment les Nazcas ont-ils accompli un tel exploit ? Maria Reiche démontre qu’ils ont utilisé des piquets et des cordes pour garantir des tracés droits et proportionnés. Pour les figures complexes, ils auraient agrandi des modèles réduits à l’aide d’un quadrillage.

De plus, l’absence de vents forts et le climat sec ont grandement contribué à la conservation des géoglyphes.

La culture Nazca : un peuple ingénieux

Pour comprendre ces dessins, il faut explorer la civilisation qui les a créés. La culture Nazca (200 av. J.-C. – 600 apr. J.-C.) excelle en agriculture et en céramique. Selon The Art and Archaeology of the Nazca de Donald Proulx, les Nazcas ont conçu un système d’aqueducs souterrains, appelé puquios, qui fonctionne encore aujourd’hui. Cette ingéniosité souligne l’importance vitale de l’eau, ce qui pourrait expliquer le caractère rituel des géoglyphes.

Mystères et controverses

Malgré des décennies de recherches, les géoglyphes de Nazca conservent leur part de mystère. L’hypothèse extraterrestre popularisée par Erich von Däniken dans Chariots of the Gods captive le grand public mais reste rejetée par les scientifiques. Par ailleurs, les datations au carbone 14 suggèrent que certains tracés pourraient être plus anciens que prévu, soulevant de nouvelles interrogations.

La conservation des géoglyphes à l’ère moderne

Inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, ces tracés uniques subissent les menaces de l’urbanisation, du tourisme et du changement climatique. Des initiatives de préservation, menées par l’Institut archéologique péruvien, tentent d’assurer leur protection pour les générations futures.

Ainsi, ces géoglyphes restent un fascinant témoignage du savoir et des croyances des Nazcas, et leur étude continue d’éclairer notre compréhension des civilisations anciennes.

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