taskmasking

Taskmasking : une pratique qui prend de l’ampleur avec l’évolution des modes de travail modernes, en particulier à l’ère du numérique et du télétravail. Ce concept désigne l’art de dissimuler des activités personnelles ou non professionnelles derrière des tâches professionnelles apparentes. En d’autres termes, il s’agit de camoufler certaines actions pour maintenir l’illusion de la productivité, tout en s’adonnant à des occupations parallèles.

L’origine du taskmasking

Le taskmasking trouve ses racines dans la culture du multitâche, qui s’est imposée comme une norme dans le monde professionnel. Avec la digitalisation des espaces de travail, les employés se retrouvent face à une multitude de plateformes et d’outils qui facilitent la gestion simultanée de plusieurs tâches. cela a progressivement donné naissance à des comportements d’adaptation, où le travailleur jongle entre des obligations professionnelles et des activités personnelles, le tout sans éveiller de soupçons.

L’essor du télétravail a grandement favorisé cette tendance. lorsque les frontières entre la vie personnelle et la vie professionnelle deviennent floues, il devient plus tentant d’intégrer des moments de détente ou des tâches domestiques au sein même de la journée de travail. certains voient dans le taskmasking une forme de flexibilité nécessaire, tandis que d’autres y perçoivent un risque de dilution de la productivité.

Comment se manifeste-t-il ?

Le taskmasking prend différentes formes, selon le contexte professionnel et les outils disponibles. par exemple, un employé en télétravail peut laisser une présentation ouverte sur son écran principal, tout en regardant une série sur son téléphone. dans un environnement de bureau, il est possible de masquer une conversation personnelle sur une messagerie instantanée en gardant un tableur en arrière-plan, prêt à être affiché en cas de passage d’un supérieur.

D’autres pratiques courantes incluent :

  • assister à des réunions virtuelles avec la caméra éteinte, tout en effectuant d’autres tâches en parallèle
  • alterner entre des onglets de travail et des réseaux sociaux
  • utiliser des applications mobiles discrètes pour consulter des contenus personnels pendant les heures de bureau

Ce phénomène n’est pas forcément synonyme de paresse. pour beaucoup, le taskmasking représente une tentative de maintenir un équilibre mental. en intégrant de courtes pauses personnelles entre des périodes de travail intense, certains employés affirment améliorer leur concentration et réduire leur stress.

Combien de personnes pratiquent le taskmasking ?

Estimer le nombre exact de personnes qui pratiquent le taskmasking reste complexe. néanmoins, plusieurs études sur le télétravail et le multitâche fournissent des indices intéressants. une enquête réalisée par un institut de recherche sur la productivité a révélé que près de 70 % des travailleurs à distance admettent effectuer des tâches personnelles pendant leurs heures de travail. bien que tous ne se considèrent pas comme des adeptes du taskmasking, ce chiffre témoigne d’une tendance généralisée.

En entreprise, le phénomène est plus difficile à cerner. la pression sociale et la surveillance accrue incitent certains employés à masquer leurs activités non professionnelles, rendant le taskmasking difficile à détecter. des études internes menées par certaines grandes entreprises estiment que 30 à 50 % des employés pratiquent une forme de taskmasking, que ce soit de manière occasionnelle ou régulière.

Les raisons derrière cette pratique

Plusieurs facteurs expliquent pourquoi le taskmasking devient une pratique répandue :

  • hyperconnexion : les outils numériques créent une culture de la disponibilité constante, poussant les employés à chercher des moments de répit.
  • pression de la productivité : le besoin de maintenir une image de productivité pousse certains à masquer des pauses personnelles derrière des tâches professionnelles apparentes.
  • équilibre travail-vie personnelle : avec le télétravail, les frontières s’estompent, incitant les employés à gérer des obligations personnelles pendant les heures de travail.

Les impacts du taskmasking sur la productivité

Le taskmasking n’a pas que des effets négatifs. certains adeptes estiment qu’il améliore leur bien-être, en leur permettant de souffler entre deux tâches complexes. ils considèrent ces moments comme des “pauses actives”, favorisant une productivité plus durable.

Néanmoins, des études sur le multitâche révèlent que passer fréquemment d’une tâche à une autre réduit la concentration et augmente le temps nécessaire pour accomplir chaque activité. de plus, la peur d’être découvert peut engendrer du stress, nuisant à la qualité du travail.

Les entreprises commencent à prendre conscience de cette réalité. certaines adoptent des solutions technologiques pour surveiller les activités en ligne des employés, tandis que d’autres préfèrent encourager des pratiques de travail plus flexibles. en offrant des pauses officielles et en favorisant une gestion autonome du temps, elles espèrent réduire le besoin de dissimuler certaines activités.

Vers une acceptation du taskmasking ?

Plutôt que de diaboliser le taskmasking, certains experts plaident pour une reconnaissance de cette pratique comme un outil d’adaptation. intégrer des moments personnels dans la journée de travail pourrait devenir une norme, à condition de maintenir un équilibre avec les attentes professionnelles.

Les entreprises pourraient ainsi :

  • offrir des plages horaires dédiées aux pauses personnelles
  • favoriser une culture de la confiance et de l’autonomie
  • adopter des méthodes de gestion basées sur les résultats plutôt que sur la surveillance constante

Le taskmasking est donc un phénomène qui reflète les transformations profondes du monde du travail à l’ère numérique. bien qu’il soit difficile de quantifier précisément le nombre de personnes qui le pratiquent, les études suggèrent qu’une grande partie des travailleurs jongle entre obligations professionnelles et personnelles, en dissimulant parfois leurs activités.

Plutôt que de le considérer comme un problème à éradiquer, il pourrait être plus judicieux de l’intégrer dans une nouvelle vision du travail, où flexibilité et autonomie deviennent les piliers d’une productivité durable. le défi consiste à trouver un équilibre entre les besoins des employés et les attentes des entreprises, en misant sur la confiance et la transparence pour construire un environnement de travail plus humain.